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Hegel et la philosophie française du XXe siècle

Publié le 4 novembre 2019 Mis à jour le 18 novembre 2019

Journée d'études organisée par Naoko Fukagai, doctorante et Heonjoong Kim, doctorant, IRePh, Université Paris Nanterre

Date(s)

le 26 novembre 2019

09h30-17h
Lieu(x)
Bâtiment W (Max Weber)
Salle Séminaire 2


La pensée philosophique du XVIIIe siècle au XIXe siècle se caractérise par la poursuite d'un système qui trouve en soi sa suffisance. Hegel commence, dans la préface de La science de la logique, par rendre hommage à la recherche d'une unité systématique à laquelle s'attache La critique de la raison pure. Cependant, la critique kantienne s'organise autour d'un point cardinal subjectif, et ceci paraît mortel aux yeux de Hegel. Il en va de même pour la métaphysique wolffienne qui prend une position inverse de celle de Kant, plutôt objective. En s'efforçant de trancher la « difficulté », leur cadet présente un motif circulaire. Nous héritons de l'obligation de persévérer, en continuant le va-et-vient incessant entre le subjectif et l'objectif, dans la quête d'une philosophie systématique en dépit de l'impossibilité d'atteindre à sa perfection.
Sans exagération, la philosophie française du XXe siècle s'est installée dans le combat contre les créateurs allemands de méthodologies systématiques, surtout contre Hegel qui passait pour le vainqueur de leur débat. La pensée philosophique du siècle dernier a donné des significations spécifiques au mot « système » contre le système hégélien et s'est développée en s'appuyant sur celles-ci, motif qui s'est accentué chez Foucault et chez Deleuze. Levinas s'est mis dans une configuration particulière en cherchant les relations qui, selon sa formule, ne se cristallisaient pas en système. En tout état de cause, leurs idées nouvelles ont foisonné, et la philosophie hégélienne a paru s'oublier.
La période récente a pourtant vu la reviviscence de l'hégélianisme. D'un côté, avec la montée de la philosophie analytique, les commentaires des textes de Hegel donnés par des chercheurs anglophones tels que John McDowell et Robert Brandom comptent pour beaucoup. Ils ont obtenu des résultats non négligeables qui, avec les conflits qui les traversent, renouvellent la compréhension de La science de la logique et de La phénoménologie de l'esprit. D'un autre côté, Jean-Luc Nancy, Catherine Malabou et Judith Butler ont développé l'hégélianisme de façon singulière. Dans ce contexte, certaines recherches se fixent l'objectif de confronter à nouveau Hegel aux penseurs français du XXe siècle. Les attitudes françaises envers la pensée hégélienne se comprennent enfin de manière plus subtile, par-delà le cadre réducteur « anti-Hegel ».
La journée d'études se propose de prêter une oreille attentive aux dialogues français du siècle dernier avec Hegel. En s'insérant dans le courant de recherche susmentionné, elle comblera des lacunes de l'histoire de la philosophie sur les accueils réservés au penseur allemand en France, ce qui devrait apporter en même temps des appréciations plus justes de la pensée de chaque philosophe que nous aborderons.


Programme


- 9h30 accueil

- 9h45 ouverture

- 10h Heonjoong Kim (Paris Nanterre) : Hegel et deux éthiques : Hegel entre éthique levinassienne et taylorienne

- 10h45 Naoko Fukagai (Paris Nanterre) : La pensée anti-humaniste : Hyppolite et Levinas

- 11h30 pause café

- 11h45 Claire Pagès (Tours) : « Cette traduction en langage hégélien qui éclaircirait les discussions de notre temps » (Merleau-Ponty)

- 12h30 pause déjeuner

- 14h30 Tomotaro Hasegawa (Paris Nanterre) : Deux versions de l'ontologie du sens : Hyppolite et Deleuze

- 15h15 Jean-Baptiste Vuillerod (Paris Nanterre) : Deux critiques de Hegel : Adorno et Althusser

- 16h pause café

- 16h15 Jean-Michel Salanskis (Paris Nanterre) : Une génération hégélienne post-hégélienne

- 17h conclusion


Mis à jour le 18 novembre 2019