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Que signifie être philosophe au XVIII e siècle ?

Publié le 11 décembre 2019 Mis à jour le 19 mars 2020

Séminaire coorganisé par Colas Duflo (CSLF/Litt&Phi) et Anne-Lise Rey (Ireph)

Date(s)

du 27 janvier 2020 au 18 mai 2020

Lieu(x)
Bâtiment L (Paul Ricoeur)
Salle des conseils (4ème étage)

Le sens même du mot « philosophe » est au dix-huitième siècle l’enjeu de luttes idéologiques que les catégories institutionnelles que nous prenons aujourd’hui pour des évidences laissent mal percevoir, mais que les livraisons des revues, les libelles clandestins et leurs réfutations ou même les articles des dictionnaires, qui polémiquent par notices interposées, laissent clairement entendre, cependant que s’invente, sur la scène du théâtre et dans les pages des romans, aussi bien qu’à l’Académie ou dans les salons, le personnage du philosophe. S’inscrivant dans la suite des travaux proposés sur ce thème, notamment par Pierre Hartmann et Florence Lotterie, et poursuivant les activités engagées dans les précédentes années par l’équipe Litt&Phi, le séminaire se propose d’interroger les figures du philosophe ainsi mises en scène, et la manière dont elles tentent de délimiter chacune à leur façon, un territoire de la philosophie – avec ce que toute production d’une définition légitime comporte d’exclusion, ce que toute affirmation d’une identité philosophique implique comme négation, ce que la naissance des disciplines emporte de disciplinaire.

La femme, le poète, l’artiste, le scientifique, l’architecte, le romancier, l’athée, le chrétien… sont-ils vraiment « philosophes » ? et si oui comment ? à quel titre ? et par opposition à quoi ou à qui ?

L'enjeu de ce séminaire est d'enquêter dans les textes les plus divers et sans exclusion sur ce qu'est le territoire philosophique au XVIII e siècle, en confrontant les représentations du philosophe et les pratiques philosophiques. Il s'agira de mettre en évidence la construction puis la confrontation de normativités qui ont cherché à imposer les critères du philosophique.

Contacts : Colas Duflo ; Anne-Lise Rey


Programme 2019-2020

Que signifie être philosophe au XVIII e siècle ?


Lundi 27 Janvier (10h-13h)
Être philosophe académicien ?
  • Sophie Audidière (U. de Dijon) : « Philosophe académicien, philosophe académique ? »
  • Maria-Susana Seguin (U. de Montpellier) : « Histoire des savants, histoire des savoirs : Fontenelle à l'Académie des sciences »

Lundi 24 Février (10h-13h)

Être philosophe riche ou pauvre ?
  • Florence Magnot (U. de Rennes) : « "Cultiver son jardin et surtout conserver ses dîmes": l'argent dans les contes de Voltaire »
  • Marianne Albertan-Coppola (U. Paris-Nanterre) : « Pauvres philosophes »

Lundi 23 Mars (10h-13h)          Attention : séance annulée
Être philosophe clandestin ?
  • Alain Sandrier (U. de Caen) : « Peut-on identifier un philosophe clandestin ? »
  • Antony McKenna (U. de Saint-Etienne) : « L'énigme des Réflexions morales et métaphysiques »

Mercredi 22 Avril (10h-13h)
Être philosophe politique ?
  • Pierre-François Moreau (ENS-Lyon): « " Ô vous qui avez la faux à la main". Politique et philosophie chez Sade »
  • Ariane Revel (U. de Créteil) : « À quoi servent les philosophes ? Quelques figures du philosophe en politique ».

Lundi 18 Mai (10h-13h)
Être une philosophe ?
  • Marie-Frédérique Pellegrin (U. de Lyon 3) : « Mondanités et politique chez la Marquise de la Ferté-Imbault. Les voies féminines de la philosophie au XVIII e siècle »
  • Lisa Shapiro (Simon Fraser University, Canada) : « Catherine Macaulay's many modes of philosophizing »

Mis à jour le 19 mars 2020