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(Dé)naturaliser au siècle des Lumières : repenser les usages critiques de la notion de nature au 18e siècle
Publié le 3 avril 2026
–
Mis à jour le 3 avril 2026
Date(s)
le 14 avril 2026
9h30 - 17h30
Lieu(x)
Bâtiment Paul Ricoeur (L)
Salle de conseils (4e étage)
(Dé)naturaliser au siècle des Lumières : repenser les usages critiques de la notion de nature au 18e siècle
Organisateurs : Cappe Raoul (IRePh) & Marignan Sacha (IRePh)
L’objectif de cette journée d’étude doctorale est de proposer une relecture de la pensée des Lumières par un retour à la pluralité des usages du concept de nature, leurs portée « naturalisante » ou « dénaturalisante » dans les savoirs et les pratiques au sens large (la politique, l’histoire naturelle, l’esthétique, le langage, la médecine, l’économie…). A l’heure où l’héritage de la philosophie des Lumières est discuté et réexaminé au prisme des questionnements politiques et sociaux contemporains (féminisme, décolonialisme, écologie, antispécisme, etc.), notamment à travers des discours qui s’attachent à la dénoncer ou à la réhabiliter dans des logiques très diverses et contradictoires, il est apparu que le concept de naturalisme pouvait constituer une voie d’accès privilégiée dans la pensée du dix-huitième siècle. Il peut d’une part nous aider à en cerner les spécificités, mais aussi à en présenter une image éloignée des caricatures qui tendent à effacer des divergences profondes existant entre les penseurs et penseuses de ce siècle.
Pour ce faire, nous entendons nous interroger sur le naturalisme et l’antinaturalisme des Lumières selon deux perspectives. La première, demeurant fidèle au contexte et au vocabulaire du siècle, se demandera dans quelle mesure celui-ci peut être perçu comme un siècle « athée » et privilégiant les causes physiques aux causes surnaturelles dans l’explication des phénomènes humains et non-humains [1]. La seconde, s’octroyant le droit d’un écart par rapport à ce même contexte, se servira des définitions plus contemporaines du naturalisme et de l’antinaturalisme [2] pour montrer dans quelle mesure ces tendances – si elles sont à l'œuvre – peuvent structurer le champ des débats philosophiques de l’époque. Conscients de la nature anachronique de la seconde perspective, nous demanderons aux participant·e·s de se questionner sur la pertinence d’usage des concepts contemporains. Permettent-ils de se rapporter d’un point de vue critique et fécond aux textes des Lumières, ou faudra-t-il conclure qu’ils sont inadaptés ? Cette démarche s’inscrit ainsi dans un double contexte : celui qui consiste à renaturaliser la réflexion en philosophie et en sciences sociales sans tomber dans les pièges essentialisants du naturalisme traditionnel [3]. Mais aussi celui d’une nouvelle réhabilitation des discours oubliés des femmes et des minores par l’histoire de la philosophie, dans le cadre du projet Extending New Narratives.
[1] On se rapportera par exemple à la définition du naturalisme dans le Dictionnaire de Trévoux (1771).
[2] On pourra se rapporter à Haber (2006), Hoquet (2014 ou 2016), mais encore Descola (2018) et Latour (2005).
[3] Haber (2006), Hoquet (2014 et 2016).
Programme
Matinée (modération : Raoul Cappe)
9h-9h30 – accueil et café
9h30-10h15 - Marco Maffezzoli (Université Paris IV - SND)
« L’homme parle-t-il naturellement ? Buffon, Condillac, Rousseau entre nature et langage »
10h15-11h - Louise Liers (Université Paris Nanterre – IRePh)
« Emilie du Châtelet et la critique de l’optique cartésienne : du modèle mécanique à la science empirique »
Pause
11h15-12h - Mirko Franco (Université Paris IV – SND)
« Les limites de l'universel : raison législative et causes physiques dans l'œuvre de Montesquieu »
12h-14h – Pause déjeuner
Après-midi (modération : Sacha Marignan)
14h-14h45 - Anouk Pabiou (Université Grenoble Alpes - IPhiG )
« L’«état de nature » à l’épreuve de la critique de l’inégalité des Sexes chez Louise Dupin et Pierre Choderlos de Laclos »
14h45-15h30 - Jan Rutsch (Université de Masaryk - Département des langues et littératures romanes)
« Comment percevoir la nature dans les Lettres persanes ? »
Pause
15h45-16h30 - Naïs Sabatier (Université Clermont Auvergne - PHIER)
« Le travailleur et son milieu : modèles de rationalités et économie dans l’Encyclopédie de Diderot et D’Alembert »
16h30-17h15 - Théo Courdavault (Université Paris IV – SND)
« Les analogies végétales dans l’Emile : une naturalisation de l’enfant ? »
17h15-17h25 - Conclusion
Pour ce faire, nous entendons nous interroger sur le naturalisme et l’antinaturalisme des Lumières selon deux perspectives. La première, demeurant fidèle au contexte et au vocabulaire du siècle, se demandera dans quelle mesure celui-ci peut être perçu comme un siècle « athée » et privilégiant les causes physiques aux causes surnaturelles dans l’explication des phénomènes humains et non-humains [1]. La seconde, s’octroyant le droit d’un écart par rapport à ce même contexte, se servira des définitions plus contemporaines du naturalisme et de l’antinaturalisme [2] pour montrer dans quelle mesure ces tendances – si elles sont à l'œuvre – peuvent structurer le champ des débats philosophiques de l’époque. Conscients de la nature anachronique de la seconde perspective, nous demanderons aux participant·e·s de se questionner sur la pertinence d’usage des concepts contemporains. Permettent-ils de se rapporter d’un point de vue critique et fécond aux textes des Lumières, ou faudra-t-il conclure qu’ils sont inadaptés ? Cette démarche s’inscrit ainsi dans un double contexte : celui qui consiste à renaturaliser la réflexion en philosophie et en sciences sociales sans tomber dans les pièges essentialisants du naturalisme traditionnel [3]. Mais aussi celui d’une nouvelle réhabilitation des discours oubliés des femmes et des minores par l’histoire de la philosophie, dans le cadre du projet Extending New Narratives.
[1] On se rapportera par exemple à la définition du naturalisme dans le Dictionnaire de Trévoux (1771).
[2] On pourra se rapporter à Haber (2006), Hoquet (2014 ou 2016), mais encore Descola (2018) et Latour (2005).
[3] Haber (2006), Hoquet (2014 et 2016).
Programme
Matinée (modération : Raoul Cappe)
9h-9h30 – accueil et café
9h30-10h15 - Marco Maffezzoli (Université Paris IV - SND)
« L’homme parle-t-il naturellement ? Buffon, Condillac, Rousseau entre nature et langage »
10h15-11h - Louise Liers (Université Paris Nanterre – IRePh)
« Emilie du Châtelet et la critique de l’optique cartésienne : du modèle mécanique à la science empirique »
Pause
11h15-12h - Mirko Franco (Université Paris IV – SND)
« Les limites de l'universel : raison législative et causes physiques dans l'œuvre de Montesquieu »
12h-14h – Pause déjeuner
Après-midi (modération : Sacha Marignan)
14h-14h45 - Anouk Pabiou (Université Grenoble Alpes - IPhiG )
« L’«état de nature » à l’épreuve de la critique de l’inégalité des Sexes chez Louise Dupin et Pierre Choderlos de Laclos »
14h45-15h30 - Jan Rutsch (Université de Masaryk - Département des langues et littératures romanes)
« Comment percevoir la nature dans les Lettres persanes ? »
Pause
15h45-16h30 - Naïs Sabatier (Université Clermont Auvergne - PHIER)
« Le travailleur et son milieu : modèles de rationalités et économie dans l’Encyclopédie de Diderot et D’Alembert »
16h30-17h15 - Théo Courdavault (Université Paris IV – SND)
« Les analogies végétales dans l’Emile : une naturalisation de l’enfant ? »
17h15-17h25 - Conclusion
Mis à jour le 03 avril 2026